Partager l'article ! Epreuve 4: Nouveau concours sur le Réservoir et nouveau texte. Les contraintes étaient les suivantes : &nb ...
« Tout ceci n'a aucun sens, se dit-il... »
Nouveau concours sur le Réservoir et nouveau texte.
Les contraintes étaient les suivantes :
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Pour cette 4ème épreuve, il faudra écrire une nouvelle avec un personnage principal imposé (et tiré au hasard). La nouvelle devra faire minimum 1 page A4 (police times new roman, taille 13, pas la peine d'écrire en taille 60 en espérant rouler ENDEMOU) ce qui correspond plus ou moins à 50 lignes. Elle ne devra pas dépasser 3 pages. Déroulement du jeu : Dans un premier temps, les participants doivent envoyer un mp à ENDEMOU, avec une numéro de 1 à 10. Le participant recevra en retour la photo d'un personnage. Ce personnage devra être le héros de votre histoire. |
« Debout ! »
J’ouvre péniblement des yeux que la lumière du jour agresse et vois son visage penché au-dessus du mien. J’ai l’impression de le connaître. Un sentiment de déjà-vu. L’esprit trop embrumé je
referme les yeux pour retrouver mes rêves. La réalité est trop crue, trop vive et froide.
Une douleur fugace à la bouche m’arrache à ma torpeur. A nouveau la clarté assaille mes yeux alors que mes paupières
s’entrouvrent. C’est mon cerveau embrumé tout entier qui est aveuglé. Un goût de fer. J’avance maladroitement une main qui me paraît étrangère jusqu’à mes lèvres. Du sang s’écoule de mes
gencives. Je lève les yeux à nouveau et le vois brandir une canne, prêt à frapper à nouveau. Pourquoi s’en prend-il à moi ? Je n’arrive pas à
réfléchir. C’est trop dur, je veux juste dormir encore.
« Debout, salopard ! »
Le deuxième coup m’atteint au foie. J’ai l’impression que c’est quelqu’un d’autre que l’on frappe alors qu’une lointaine
souffrance se propage dans tout mon côté droit. Je n’ai pas la force de me défendre. Trop compliqué de bouger, d’anticiper. J’essaie de comprendre. Cela demande toute mon énergie. Il lève sa
canne une troisième fois et l’abat sur mon cou. Je hoquette sous le choc. Des postillons ensanglantés prennent des trajectoires paraboliques avant de maculer le sol. J’ai soudain l’impression de
réintégrer mon corps et la douleur se fait plus vive, presque palpable. J’essaie de me redresser. M’appuie sur les mains. Mes bras sont sans force et je retrouve ma position initiale, allongé sur
le béton.
« Je t’avais prévenu, c’était la dernière fois ! »
Son pied trouve mon estomac. J’ai l’impression qu’il le transperce. S’en est trop pour lui. Je régurgite à m’en étouffer. Que du liquide. Cela empeste le whisky bon marché. Je l’entends me
cracher dessus alors que je reprends mon souffle. Son portable sonne et il s’éloigne pour répondre. Je profite du répit qui s’offre à moi pour péniblement me relever et m’asseoir dans mes
vomissures. J’essaie de me rappeler, d’organiser mes idées. Je n’y arrive pas. Il revient vers moi et m’empoigne par les pans de ma veste.
« Dégage d’ici et ne reviens plus jamais ! »
Sa voix est dure mais familière. Je le reconnais enfin. C’est mon fils. Je ne l’ai jamais vu aussi furieux. Il me traîne hors
de son garage jusqu’à la rue où il me jette par terre avant de retourner chez lui. Mon corps entier est endolori mais je me relève, un peu perdu. J’aperçois un banc à une distance qui me paraît
raisonnable. Je me dirige vers lui. Claudicant et me tenant le ventre, sans ma canne. Je finis par l’atteindre. Une éternité plus tard. Mes os craquent alors que je m’assieds dessus. L’air est
doux. Je sors un mouchoir souillé de ma poche et m’essuie la bouche. Que faisais-je chez mon fils ? Je ferme les yeux alors qu’une brise légère caresse mon visage.
J’ai bu… encore. Beaucoup trop. Et puis je me suis senti seul et j’ai forcé la porte du garage de mon fils. Pas pour le voir, juste pour être près de lui. Et puis je me suis uriné dessus.
Surement vu l’état de mes pantalons. Oui, c’est ce qui a dû se passer, encore une fois. Très certainement. Mais pourquoi ai-je bu cette fois-ci ?
Alors qu’un camion passe bruyamment devant moi je me souviens enfin. Yves, mon frère cadet. On l’enterrait ce matin. C’est
cela que je voulais oublier. J’y étais presque parvenu. Je regarde par terre puis dans le vide. J’ai envie de devenir le vide.
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Ah oui. Bien mené, ce texte. Au contraire de son personnage.
Vous avez toujours l'art de tourner les commentaires comme il faut ! Merci pour votre visite co errante.
Chouette texte, il me plaisait bien moi.